Le poivre
"Plus on avance dans la vie, plus on est obligé d'admettre que le sel de l'existence est essentiellement dans le poivre qu'on y met." - Alphonse Allais
Plante
Baie issue d'une plante originaire d'Inde, de la côte de Malabar plus précisément, appelée poivrier, le poivre fait partie de la famille des pipéracées et se présente sous la forme de grappes. Il faut compter environ sept ans pour que la liane produise ses premières baies.
Son nom, Piper Nigrum, du Sanskrit Pippali, est le seul grain à pouvoir être officiellement appelé poivre en France. Les autres variétés doivent préciser leur origine, un qualificatif de goût ou bien une particularité physique comme "poivre long" par exemple.
On distingue par conséquent les vrais et les faux poivres, ces derniers ne bénéficiant pas de l'appellation Piper Nigrum. Ainsi, le poivre rose, très aromatique, est certes légèrement piquant mais provient d'une plante d'Amérique, et non d'Asie. Il en va de même pour le poivre de Jamaique, aussi appelé 4 épices, qui rappelle des saveurs de girofle, cannelle, muscade et poivre noir.
Contrairement aux idées reçues, les différentes variétés de poivre n'en forment qu'une, récoltée à des stades de maturation et de coloration différents. En mûrissant, le poivre passe successivement du vert, au rouge puis au brun. Il ne devient véritablement noir que récolté et séché.
Histoire
Le poivre est sans conteste la plus répandue des épices. Universelle, son utilisation est d'ailleurs si lointaine qu'il est difficile, voire impossible, de dater son apparition. On suppose que la Chine et l'Inde l'utilisent depuis déjà longtemps lorsqu'en 330 avant J.C., Alexandre Le Grand en rapporte de ses expéditions en Asie. Plus tard, les Romains l'adoptent rapidement, en le mélangeant tout d'abord à la genièvre, afin de relever certains plats pauvres, ou au contraire afin de masquer le goût des viandes faisandées. Le gastronome romain Apicius fait l’éloge du poivre dans son livre de cuisine « le livre d’Apicius » où il le décrit le poivre comme étant le roi des épices.
Mais plus qu'une épice, le poivre, à l'image du sel, constitue pendant longtemps une monnaie d'échange très recherchée. Lorsque Alaric Ier, roi des Wisigoths, pille la ville de Rome en 410, il prend soin d'emporter avec lui 5 000 livres de poivre, en plus de son gigantesque butin. A cette époque, l'épice sert d'ailleurs très souvent de récompense aux soldats méritants, de Rome ou d'ailleurs.
Au Moyen-Age, bien que le poivre soit plus répandu, il demeure toujours rare, et surtout cher. S'il ne rentre pas directement dans le cadre d'une taxe, comme le sel et sa gabelle, il constitue parfois une monnaie d'échange suffisamment estimable pour payer dettes et impôts. Ce qui rend alors le poivre si précieux réside évidemment dans les grandes distances à effectuer pour s'en procurer. Au même titre que l'or, les épices, et le poivre en particulier, représentent pour les grands voyageurs, comme Christophe Colomb ou Vasco de Gama, l'un des objectifs majeurs de leurs lointaines expéditions.
En France, la place du poivre sera renforcée par le bien-nommé Pierre Poivre. Au XVIIIème siècle, ce gouverneur de Fort-de-France décide de planter des poivriers sur l'île Bourbon (l'actuelle Réunion), alors que jusque-là on n'en trouvait qu'en Asie du Sud-Est. C'est grâce à cette diversification des sites de culture, que le poivre s'est fait de moins en moins rare, son prix finissant par baisser.
A l'heure actuelle, bien que le poivre se cultive au Brésil ou à Madagascar, c'est surtout l'Asie qui se charge d'approvisionner la planète. Plus précisément, l'Inde, le Vietnam, l'Indonésie et la Malaisie en sont les principaux producteurs.
Alimentation
Le poivre peut être vendu en grains ou moulu. Fraîchement moulu le grain libère toutes ses saveurs alors que le poivre en poudre perd rapidement en puissance avec le temps (3 mois au grand maximum pour un poivre en poudre conservé à température ambiante).
Les grains de poivre doivent être lourds, compacts, tous de la même couleur et ne pas s'effriter. Il perd toute sa saveur après une cuisson prolongée.
Le poivre est utilisé dans de nombreuses recettes en tant que constituant de base. C'est le cas de la sauce poivrade, ou du fameux steak au poivre. Cette recette, servie chez Maxim's dans les années 30, est l'oeuvre de maître Albert qui la personnalisa en y joignant du fond de viande, et surtout de la crème, pour donner une sauce où puissance et onctuosité se partagent la vedette.
Familles
Poivre noir : baie entière, récoltée rouge, et qui une fois séchée, devient noire. C'est le plus piquant de tous les poivres.
Poivre vert : cueilli bien avant maturité, il peut être vendu séché, conservé dans du vinaigre ou du saumur. Moins piquant que le poivre noir, il est en revanche plus fruité.
Poivre blanc : quand il est très mûr, le poivre est bien rouge. Lorsque l'on ne le fait pas sécher tel quel pour donner du poivre noir, on lui retire l'écorce par triturage à l'eau salée avant de le sécher, d'où sa couleur blanche. Ce poivre est le moins puissant des trois, et convient parfaitement aux sauces légères du fait de sa discrétion. Certains chefs utilisent du poivre ultra-blanc, afin de ne pas colorer les sauces, et pour lequel la sélection est effectuée à la main, grain par grain.
On compte également le poivre à queue ou cubèbe, fin et puissant, utilisé dans la confection du ras-el-hanout, mélange d'épices présent dans la cuisine maghrébine, ou le poivre long, de forme oblique, moins fort et aux touches de cannelle. En revanche, le poivre gris n'existe pas en tant que tel, et n'est que le résultat d'un mélange de poivre blanc et noir moulus.
Les meilleurs poivres portent souvent le nom de leur provenance : c'est le cas par exemple du poivre blanc de Tellichery en Inde, du poivre noir de Lampong, de Saigon, ou de Singapour.
Vertues
Composé d'huiles essentielles, de résine et de pipérine, le poivre tire son goût intense de son écorce. Ceci explique la relative douceur du blanc.
Tonifiant, il aiguise l'appétit, tout en favorisant la digestion par sa richesse en sels minéraux. Au fil des siècles, de nombreux chercheurs ont tenté en vain d'en faire un usage médical, notamment contre la douleur.
Mais attention, à haute dose, le poivre peut tout de même s'avérer excitant, voire irritant dans certains cas.
Piquant
Le poivre contient deux molécules hautement irritantes, la capsaïcine et la pipérine. Lorsque l'on sent du poivre d'un peu trop près, la capsaïcine va entrer en contact avec les neurones sensoriels qui s'irritent et provoque l'éternuement. la pipérine quant à elle excite les nerfs sensoriels et participe aussi à la réaction d'éternuement.
La pipérine
La pipérine fut isolée la première fois par un savant Danois mais n’a été étudiée qu’après la seconde guerre mondiale par le pharmacologue Hongrois Nicholas Jancso qui mis en évidence une phase de dessenbilisation après une excitation des nerfs par cette substance. Différentes études de cette molécule et de ses dérivés suivront, mettant en évidence ses nombreuses propriétés biologiques.
La pipérine possède des propriétés antimicrobiennes, anti-inflammatoires, hépatoprotectives, antimutagènes. De plus, elle favorise la biodisponibilité de certaines molécules chimiques dans le corps. En effet, les molécules étrangères à l’organisme (tels les médicaments) sont transformés par des enzymes dont le but est de rendre le produit étranger facilement éliminable par le corps, le plus souvent par voie urinaire. La pipérine inhibe justement de telles enzymes et permet donc l’assimilation au niveau de l’intestin. Si on diminue la transformation du médicament et donc son élimination, des doses plus petites, avec moins d’effets secondaires, peuvent donc être prescrites.
La pipérine agit également en tant que mime des molécules transportant les substances dans l’organisme, assurant ainsi une meilleure répartition du produit actif. Ainsi, on utilise actuellement des traitements contre l’inflammation contenant de la curcumine (principe actif) en association avec de la pipérine (favorisant son assimilation).
In vitro, en présence de pipérine, il a été mis en évidence une assez nette diminution de la prolifération de métastase avec certaines souches de cellules cancéreuses. Il a été démontré une action in vitro de la pipérine sur un parasite, le Trypanosome Cruzi responsable de la maladie de Chagas, agissent en tant qu’inhibiteur de prolifération. Il a même été montré une action de la pipérine sur le repigmenation de la peau lors du vitiligo, une dermatose (maladie de la peau) caractérisée par l’apparition de plaques blanches due à la disparition des mélanocytes.
Insolite
- La glace au poivre est un dessert de plus en plus apprécié.
- A l'instar de beaucoup d'autres épices, le poivre gagne peu à peu le domaine du sucre, et s'accommode de plus en plus souvent avec des fruits, comme l'ananas ou les figues.
La plante
Origine
Alimentation
Comme la majorité des plantes de la famille des crucifères, la moutarde (ses feuilles) est antiscorbutique, à cause notamment de sa très grande richesse en vitamine C.
La moutarde blanche (Brassica alba) : elle pousse à l'état sauvage dans les terrains incultes, peut atteindre de 25 à 60 centimètres jusqu'à 1 mètre de haut; plante à feuilles dentées, velues, pourvue de fleurs jaunes d'avril à juin et qui donne des fruits, les siliques, couverts de poils et contenant des graines gris clair, arrondies qui doivent être décortiquées pour les utiliser. Saveur piquante, presque brûlante, légèrement sucrée, avec une pointe d'amertume.
Des graines écrasées plongées dans un liquide quelconque (verjus, vinaigre, vin blanc) fermentent avec le temps. La graine de moutarde renferme de la sinigrine (C10 H17 N O9 S2 K) qui, hydrolisée au contact du liquide par une enzyme (myrosynase) fait apparaître l'allysénévol, huile essentielle qui donne le piquant de la moutarde. C'est la fermentation synapique. Dans les pièces des usines où cette fermentation est mise en œuvre, il est impossible d'y rester plus de quelques secondes car l'allylsénévol pique les yeux et fait pleurer. Cette agressivité de l'allylsénévol ne s'estompe qu'après une courte période de mûrissement (une douzaine de jours).
Le Wasabi ((en latin Wasabia Japonica) est une plante vivace de la famille des crucifères ou brassicacées (brocolis, navets, choux, radis, moutarde, raifort, ...) originaire du Japon qui était était autrefois utilisée comme herbe médicinale. Son nom signifie "rose trémière des montagnes".
Le wasabi ne pousse spontanément qu'au Japon et dans l'île de Sakhaline, qui pousse dans les ruisseaux des montagnes depuis les temps anciens. On peut distinguer le Wasabi par la manière de le cultiver, le Sawa-washabi (Wasabi du ruisseau) cultivé dans des plants d'eau artificiels utilisant de l'eau de source ou de ruisseau et le Hatake-wasabi (Wasabi des champs) cultivé dans des champs situés dans des lieux frais (10° à 17°) et humides possédant un bon ensoleillement. Il faut entre 1 et 2 an pour qu'il puisse atteindre une taille correcte ce qui explique son coût élevé.
Le wasabi est fabriqué en râpant la racine finement sur une peau de requin pour obtenir une pâte dans laquelle on incorpore un peu de sauce soja, mais en dehors du pays, il est très difficile de se procurer cette racine fraîche. Son arôme est maximisé en le râpant au dernier moment car son piquant est très volatil et il faut donc l’utiliser rapidement. Pour conserver la racine du wasabi fraîche, on la couvre avec un papier journal mouillé, puis avec un film et on le met dans le frigo. Cela permet de le consommer pendant un mois. On le trouve généralement sous forme de poudre qu'il faut mélanger avec de l'eau ou sous forme de pâte.
En 1963, à l'université de Yale, Stanley Milgram organise une des premières expériences de psychologie sociale sur le concept de soumission à l'autorité.
En cas d'erreur, le professeur devra administrer à l'élève, une punition sous la forme d'une petite décharge électrique. le voltage des décharges augmentant avec le nombre d'erreurs. Le professeur reçoit une décharge de 45 Volts à titre d'exemple.
Milgram qui représente l'autorité scientifique commence le test. A chaque erreur il demande au professeur d'administrer la punition à l'élève, au départ il s'agit de 25 volts mais au fur et à mesure, les décharges deviennent de plus en plus fortes et font crier l'élève de douleur. (75 volts : grognements, 120 Volts : cris de douleurs, protestations pour arrêter l'expérience, 285 Volts : cri d'agonie, au-delà : plus de réactions, coma simulé).
Bien sûr, ce n'est pas de bon coeur qu'ils ont envoyé des décharges. 

Bannie depuis 40 ans pour raisons éthiques, l'expérience de Milgram vient d'être reproduite en utilisant le simulation virtuelle. Cette nouvelle étude invitait des participants volontaires à énoncer des séries de mots pour des tests de mémoire. Cette fois, la "victime" était une femme virtuelle. Lorsque cette dernière donnait une réponse incorrecte, une autorité demandait aux participants de donner un choc électrique dont l'intensité devenait de plus en plus forte au fur et à mesure des erreurs.
Panurge est un personnage de François Rabelais, compagnon de Pantagruel, le fils de Gargantua. Pendant leur voyage au « Pays des Lanternes », Panurge se prit, en mer, de querelle avec le marchand Dindenault. Pour se venger, il lui acheta un de ses moutons, qu'il précipita dans la mer. L'exemple et les bêlements de celui-ci entrainèrent tous ses congénères et le marchand lui-même, qui, s'accrochant au dernier mouton, se noya.
Cette expérience met en jeu un groupe composé 10 personnes : 9 complices du chercheur et le véritable sujet de l'expérience qui ignore que les 9 autres sont des complices. La tâche proposée au groupe est la suivante : il va s'agir de comparer une ligne témoin à trois autres, parmi lesquels une seule a la même longueur que la ligne témoin. Mais ce qui est réellement mesuré n’est pas la perception ou l'intelligence, mais la résistance à la pression sociale.
Dans une situation de groupe, l'unanimité plaide en faveur d'une opinion et les individus qui le compose craignent la désapprobation sociale. Le conformisme s'explique donc par deux types d'influence : une influence informationnelle (le groupe a raison contre l'individu) et une influence normative (il est plus dur de subir la désapprobation que de se conformer).
Le piment fut l'une des premières plantes à être cultivées en Amérique du Sud, il y a 7 000 ans. Les Aztèques qui ont été les premiers utilisateurs du piment le préparaient avec du cacao pour faire une boisson censée donner du courage. On l’utilisait aussi pour ses propriétés médicinales, comme condiment ou comme légume. Christophe Colomb le ramène du nouveau monde et Magellan l'introduisit en Afrique et en Asie.
Le terme générique du piment est Capsicum (nom du principe actif piquant). Il comprend vingt espèces et quelque 300 variétés de plantes produisant les piments et les poivrons. Les 3 espèces principales sont les: Capsicum annuum, Capsicum frutescens et Capsicum chinense. 
Il existe une échelle pour mesurer l’intensité des piments. Il s’agit de l’échelle de Scoville, conçue en 1912 par un certain Scofield, et qui permet de mesurer la concentration du taux de capsaïcine contenu dans un piment, et d'ainsi classer celui-ci selon son nombre d'unités "scoville". A chaque piment correspond une fourchette (selon l'ensoleillement ou l'humidité des piments d'un même type peuvent présenter des différences). 
Le piment est le légume frais le plus riche en vitamine C (130 à 160 mg aux 100 g): une portion de 50 g consommée crue (ou 150 g cuite) assure la totalité de l'Apport Journalier Recommandé. Il est également riche en carotènes (provitamine A) et vitamine E, affichant ainsi le parfait trio anti-oxydant préventif des maladies cardio-vasculaires et de certains cancers. Il est très peu énergétique (20 kcalories aux 100 g), ce qui l'autorise dans les régimes minceur dont il renforce l'apport en vitamines, en minéraux et en fibres (

